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Veiller

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29 novembre 2020         1er dimanche de l’Avent B – Is 63,16b-17.19;64,2b-7 ; 1Co 1,3-9 ; Mc 13,33-37

« Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez !»

Chères Sœurs, chers Frères,

Nous entrons dans l’Avent, un mot qui signifie « avènement ». La période de l’Avent nous renvoie à un double avènement : la venue de Jésus il y a environ 2000 ans et son retour glorieux à la fin des temps. Les 2 moments sont inséparables, le 1er annonce et préfigure le second. La naissance de Jésus, dans la pauvreté de Bethléem, signifie à quel point Dieu se veut proche de nous, dépendant de Marie et de Joseph, à la merci de notre humanité. Tout cela est expression de son amour, de sa volonté d’être proche.

Le même amour motive le second avènement. En effet, si Dieu s’est fait proche de nous, ce n’est pas pour laisser l’humanité dans la misère, mais plutôt pour l’en délivrer et la rendre véritablement « à son image et à sa ressemblance ». Il est descendu à notre niveau pour nous faire remonter avec Lui et nous accueillir dans son Royaume où, semblable à Lui nous partagerons sa propre vie. Celui qui s’est incarné l’a fait pour nous diviniser.

Préparons-nous à la fête de Noël. N’en restons pas à l’image sentimentale du petit enfant innocent dans une crèche, entouré de Marie de Joseph, du bœuf et de l’âne, des bergers, etc. Ce Dieu qui se fait semblable à nous l’a fait par amour pour notre humanité. En nous efforçant de méditer sur l’incarnation du Verbe nous pourrons deviner que le même amour s’exprimera lors du retour glorieux du Seigneur.

En méditant sur ce que le Seigneur nous réserve, nous pourrons devenir des hommes et des femmes qui veillent et attendent sereinement le retour de leur Maître pour partager avec lui la vie éternelle.

Attente dans la nuit

La parabole du serviteur qui attend le retour du Maître, précise que ce dernier peut revenir à toute heure, y inclus durant la nuit. On ne sait pas quand il reviendra, mais il va revenir. L’ignorance de l’heure ne vise pas à entretenir la peur. Jésus nous prévient tout simplement pour que nous soyons vraiment prêts, toujours prêts.

Le peuple d’Israël a traversé de longues périodes de nuit. Dans la 1ère lecture, Isaïe exprime les sentiments du peuple d’Israël qui vit alors une amère déception. Il parle à ses concitoyens revenus de l’exil à Babylone. Ils avaient tant rêvé à ce retour. Or ils se heurtent à la mauvaise volonté des autorités de l’occupant babylonien et de plus à l’hostilité de leurs propres frères demeurés sur place.

Découragés et conscients de leurs fautes ils se tournent vers Dieu. Ils l’invoquent sous le nom de Père et de Rédempteur.

« C’est toi, Seigneur, notre père : ‘notre- rédempteur- depuis-toujours.’»
À leurs yeux, Dieu demeure « père » et « rédempteur » ou libérateur. Ils ne vivent pas l’épreuve de l’exil comme une punition, comme une vengeance de Dieu. Mais ils ressentent avec souffrance le silence de Dieu qui semble se désintéresser du sort de son peuple.

« Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais, les montagnes seraient ébranlées devant ta face. »
L’attente du retour du Christ à la fin des temps se vit souvent dans la nuit. Comme actuellement. Notre société traverse une période vraiment difficile et cela nous affecte. En 1er lieu, cette pandémie qui continue ses ravages et nous contraint à l’isolement, peut-être même pour la fête de Noël. Certes la découverte de vaccins apparaît comme la lumière au bout du tunnel, mais la menace écologique avec les changements climatiques inquiétants demeure. Et à l’horizon se profile déjà une crise économique majeure, etc.

Comme le peuple à qui s’adressait Isaïe, nous ne devons pas interpréter les événements actuels comme une punition divine. Nous devons plutôt prier le Seigneur de se rendre manifeste, de déchirer les cieux quand son silence nous devient trop pénible à supporter. « Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais, les montagnes seraient ébranlées devant ta face. »

Attente dans un avenir incertain

Dans ce contexte d’incertitudes, le Christ nous invite avec insistance à veiller. Mais comment ?
« Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ; s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez! »

Avec une bonne partie des Québécois nous pouvons dire : « Ça va aller ! » Non en attendant que le mal passe, mais, en suivant l’invitation pressante de Jésus : « Veillez! » Nous le devinons, « veillez » ne signifie pas devenir insomniaque. Il ne s’agit pas non plus d’attendre passivement. Veiller dans dans l’attente du Christ c’est garder l’esprit ouvert, en cherchant à l’honorer par notre vie et par nos engagements. C’est le reconnaître dans ceux et celles qui nous entourent et voir l’action de l’Esprit dans les événements qui nous touchent.

Veille avec le Christ celui qui, tout en regardant l’avenir, regarde aussi le passé ; il y décèle tout ce que le Christ son Sauveur a fait pour lui en donnant sa vie. Le passé, garant de l’avenir.

Conclusion

En ce début d’Avent nous pouvons nous demander quelles sont véritablement nos attentes ?
Sommes-nous des hommes, des femmes qui attendent quelque chose, quelqu’un ? Des hommes et des femmes qui savent que le Maître va revenir et s’y préparent ?

Sommes-nous des êtres “éveillés, i.e. conscients de leur existence, sachant d’où ils viennent et où ils vont ? Ou au contraire, des “endormis”, inconscients ou ignorants de ce qu’ils vivent, totalement absorbés par les préoccupations immédiates du quotidien, sans autre horizon que le bout de leurs pieds ?

Sommes-nous des personnes attentives, fidèles à la Parole du Maître qu’elles attendent ? Connaissons-nous assez cette Parole pour ne pas nous laisser entraîner par toutes les modes et opinions qui foisonnent dans notre société ?
Il n’est pas facile de se libérer des craintes et de peurs que soulèvent les temps actuels. Voilà pourquoi nous devons nous appuyer sur le Christ. C’est lui, comme l’affirme Saint Paul qui permet de tenir le coup. Il est
« Celui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout, et vous serez sans reproche au jour de notre Seigneur Jésus Christ. Car Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à vivre en communion avec son Fils, Jésus Christ notre Seigneur. »
Que l’approche de Noël nous fasse découvrir tout l’amour de Celui qui est venu et qui reviendra en gloire ! Amen.

Marcel Poirier, a.a.


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