Éditorial du dimanche 19 avril 2026
«Le Christ est ressuscité! Il est vraiment ressuscité!» Cette salutation, cette acclamation, cette annonce qui est le point central de la foi chrétienne, résonne pendant tout le Temps Pascal, le temps de cinquante jours entre la fête de Pâques (le jour de la Résurrection) et la fête de la Pentecôte (le jour du don de l’Esprit Saint à l’Église et à la création tout entière).
Je nous rappelle cela, parce que je ne suis pas toujours sûr que nous nous rendions compte de toute la profondeur de cette acclamation. C’est pourquoi j’aimerais vous partager quelque pensée à ce sujet.
Assez souvent le fait de la Résurrection du Christ nous paraît comme un événement isolé, concernant seulement la personne Jésus de Nazareth né et mis à mort il y a à peu près deux mille ans. Il n’en est rien. Bien au contraire.
Comme nous le dit l’Écriture et la Tradition de l’Église dans la liturgie et la prière avec la résurrection de Jésus Christ, le monde entier a vécu une profonde transformation, une transformation radicale. «Le monde ancien s’en est allé, un nouveau monde est déjà né» nous disent et la Bible et les prières liturgiques. «Le monde déchu est restauré» nous rappelle la quatrième préface du temps de Pâques. Qu’est-ce que cela signifie au juste?
Cela veut dire que l’évènement de la résurrection concerne le monde entier, chacun et chacune d’entre nous. Cette réalité de la résurrection nous appelle à abandonner les voies et la manière de penser et de faire qui mènent à la mort, et adopter les postures, les attitudes et les pratiques qui mènent à la vie dans toutes ses dimensions.
Pour le dire beaucoup plus simplement, avec l’évènement de la résurrection, de la restauration du monde, notre capacité de faire le bien, de toujours nous tourner vers le bien, est encouragée, renouvelée et affermie. Jésus nous montre par sa résurrection que nous ne sommes pas condamnés à subir le mal, et Dieu sait qu’il y en a dans le monde, mais que nous sommes libres de choisir le bien. De ce fait, nos engagements communautaires, politiques, scientifiques, intellectuels ne sont pas juste les expressions d’un humanisme détaché de toute transcendance, de la vie divine. Mais ils sont appelés à être l’expression même de la vie divine.
Voyez-vous, l’événement de la résurrection ne nous «plonge» pas dans une vie divine théorique complètement détachée du monde. Ce n’est pas non plus une fuite de ce monde pour un autre, meilleur, qui adviendra un jour. La résurrection nous plonge dans le monde réel actuel et nous donne la force précisément pour nous engager et faire rayonner de la vie de Dieu, éternel, mais déjà bien présent aujourd’hui.
Nous pouvons tout simplement nous poser la question: quels sont les engagements qui me font vivre? Comment la résurrection m’encourage-t-elle à être engagé dans des œuvres qui mènent vers la vie? Et pourquoi ne pas rendre grâce à Dieu pour ces engagements?
Bonne semaine à toutes et à tous!
Édouard Shatov, éditorialiste
