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La basse-cour

Éditorial du dimanche 31 mai 2026

© Patricia, Basse cour

De passage chez l’oncle Germain, j’ai pu visiter la basse-cour. Il y a bien des poules et leurs poussins, un coq et quelques canards, 3 ou 4 dindons. Tout ce bon monde a faim et mange à une heure précise. On distribue à intervalle régulier la quantité de grain nécessaire. Jérôme ramasse les œufs tous les matins. On les vendra au dépanneur du village: ‘Œufs frais bio’ (!).

Aux Philippines, comme en Chine ou au Vietnam, ce qui est le plus apprécié ce sont les ‘balout’, des œufs de canard avortés qui pour ces gens sont un régal. Après l’heure du souper, des femmes passent par les rues pour vous les offrir. Pour un étranger, c’est difficile de voir le canard à peine formé être un délice mais il doit à tout prix passer le test de l’inculturation. Pour ma part, je dois dire que j’ai triché un peu.

Mais toute cette variété d’animaux ailés nous dit quelque chose de l’originalité de la création de l’homme. À chacun son rôle et sa spécificité. Ce n’est que la variété des caractères et des talents qui constitue une communauté saine où chacun prend sa place et se fait valoir. Tous ne sont pas avocat (heureusement) ou boulanger, professeur ou débardeur: il y a de la place pour tout le monde. J’aime à penser que cette diversité rend notre monde moins uniforme et plus coloré.

Dans nos communautés chrétiennes, il y a variété de fonctions et de responsabilités. Tous ces titres n’ont d’autre nom que le service désintéressé des fidèles. L’harmonie naît du respect de chacun et le salaire de l’appréciation reçue. Tout geste d’encouragement a sa pleine valeur.

Donne-nous, Seigneur, de reconnaître dans ta création la beauté de la diversité: langues, couleurs, ethnies, histoires. Tout cela ne s’invente pas mais est sûrement le fruit de ta créativité bienveillante. Apprends-nous à le reconnaître.

Père Gilles Blouin, assomptionniste et éditorialiste