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2e dimanche de l’Avent

Qumran ? Image libérée de droits d’auteur sous Creative Commons CC0 || https://pxhere.com/fr/photo/753119

5 décembre 2021         2e dimanche de l’Avent, année C – Luc 3, 1-6
Lectures de ce jour

Le début de l’évangile que nous venons de lire nous donne des indications très précises quant au moment de l’histoire où Jean Baptiste apparait dans l’histoire du salut. Les historiens peuvent déduire qu’il a commencé son ministère vers les années 27-28 de notre ère. Nous savons par ailleurs qu’il était le fils d’un prêtre du temple, Zacharie. Voilà un personnage que nous identifions volontiers avec la période de l’Avent. Il est celui qui annonce la venue du messie. Attardons-nous un peu sur cette figure du célèbre baptiseur.

Dans la Palestine du temps de Jésus, il y avait plusieurs factions religieuses. Nous connaissons les sadducéens, ceux qui ne croient pas en la résurrection. Il y avait aussi les pharisiens et les scribes, ces connaisseurs des Ecritures, de fait tout un éventail religieux qui allait de la plus stricte observance à une compréhension du culte et de la Loi plus large. Certains pensent que Jésus faisait partie de cette tendance. Et il y avait aussi les esséniens, les ‘séparés’, les ‘purs’.

Ceux-ci habitaient pour la plupart dans un quartier un peu distant du temple, sur les hauteurs du mont Sion. Il y avait aussi un groupe de ‘purs de purs’ qui s’était réfugié dans le désert, sur les bords de la Mer Morte, un peu au sud de Jéricho : Qumram. Organisé sous la forme d’un monastère, peuplé surtout d’hommes, on y vivait de l’ascèse et de la lecture continue de la Loi de Moïse. Les bains de purification y étaient très nombreux et indique bien qu’il s’agit d’un groupe de juifs très pieux, désireux de se séparer du reste du peuple et de se présenter pur dans l’attente du Jour de Dieu.

Entre les années 1949 et 1956 et un peu par hasard, plusieurs manuscrits ont été découverts dans des grottes près du lieu où des fouilles effectuées par l’Ecole Biblique de Jérusalem montreront au monde le site du monastère essénien de Qumran. Ces manuscrits, étonnamment bien conservés en raison du climat très sec du désert, nous font découvrir les règles de la commune et sa spiritualité. Plusieurs chercheurs bibliques pensent que Jean Baptiste a fait partie de cette communauté. Il l’aurait éventuellement quitté avec quelques disciples ou bien en aurait été expulsé.

Jean n’a pas quitté pour autant la région du désert et s’installera avec ses disciples sur les bords du Jourdain. Il y exercera un ministère de prédicateur en prônant un baptême de conversion. Le récit d’évangile d’aujourd’hui nous le montre en pleine action.

Certains nous disent que Jésus n’est pas seulement venu se faire baptiser par Jean dans les eaux du Jourdain mais qu’il fut en quelque sorte disciple de ce dernier. On n’en veut pour preuve que son message, au début de son ministère en Galilée, est semblable à celui du baptiste : Convertissez-vous car le Royaume de Dieu est tout proche.

Ce qui est étonnant et que les prêtres du temple de Jérusalem voient comme une menace, c’est que Jean attire de grandes foules. Voilà un prophète un peu hirsute qui propose de changer les règles du culte (non plus les sacrifices offerts au temple) et l’urgence de changer de vie. La plongée dans les eaux du Jourdain manifestera ce désir de changement afin de se préparer à accueillir le Messie de Dieu.

Son message se calque sur celui du prophète Isaïe : ‘Voix de celui qui crie dans le désert. Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.’ Il invite à purifier son cœur, à abandonner la vie de péché, à se convertir. Il ne peut pas y avoir de meilleur message pour ce temps de l’Avent. Mais comment le faire ? Non, il n’est pas question de faire ses bagages et de partir au désert. Mais il faut réorienter sa vie, revoir ses priorités, se poser la question de la place de Dieu dans sa vie. En un mot, revenir à l’essentiel.

J’ai été frappé ces derniers temps, avec toute la publicité du ‘vendredi fou’, qui a d’ailleurs duré plusieurs semaines, comment le monde de la consommation est devenu omniprésent : l’aubaine du siècle, achetez dès maintenant vos présents de Noël puisque la chaîne d’approvisionnement n’est plus fiable, faites vos achats en ligne pour éviter la cohue, dépensez, dépensez, dépensez… Je n’ai pas trouvé beaucoup de gens qui choisissent l’austérité, le régime minceur, qui remettent en question cette spirale de consommation.

La figure de Jean Baptiste n’en paraît que plus appropriée pour nous préparer à Noël. Si l’Avent est un temps d’attente et d’espérance, recherchons plutôt un lieu de calme et de silence. Accueillons un temps de lecture attentive de la Parole. Savourons le voyage intérieur d’une méditation qui refait nos énergies… et notre patience. Le meilleur cadeau que nous recevrons à Noël, n’est-il pas celui que nous tisserons lentement dans les jours qui viennent et qui nous fera découvrir la présence du Seigneur dans nos vies ?

Cela rejoint les deux lectures que nous avons entendues : celle du prophète Baruc qui parle de la joie de voir les peuples venir jusqu’à la montagne du Seigneur, dans la lumière de sa gloire. Ou celle de Paul, qui se réjouit devant les progrès de la communauté de Philippe : le travail si bien commencé se poursuivra jusqu’au jour du Christ Jésus. Ne remettons pas à plus tard notre préparation à Noël ; décorons nos cœurs aux couleurs de l’Avent, celles de l’espérance et de la joie.

Gilles Blouin, assomptionniste


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