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Retraite du Sacré-Cœur: Homélie du cardinal Lacroix

Homélie de
Monsieur le cardinal
Gérald Cyprien Lacroix
Archevêque de Québec
Primat du Canada

SOLENNITÉ DU SACRÉ-CŒUR DE JÉSUS
Chapelle du Montmartre Canadien, Québec, 19 juin 2020

« Le Sacré-Cœur de Jésus, ce cœur qui bat
avec tant d’amour pour moi, pour nous »

Dt 7, 6-11 • Ps 102 (103) • 1 Jn 4, 7-16 • Mt 11, 25-30

Très chers frères et sœurs,

Les textes bibliques que nous venons d’entendre sont plutôt familiers. La Parole de Dieu, en cette fête du Sacré-Cœur, nous révèle une fois de plus que ce qui compte vraiment, c’est de savoir reconnaître et accueillir l’amour gratuit de Dieu tel qu’il nous est révélé en Jésus, notre Sauveur.

Par nous-mêmes, nous n’aurions jamais pu découvrir l’immensité du Cœur de Dieu. Cet amour, dont il est le signe, a été manifesté de diverses façons et à maintes reprises au fil du temps. Déjà dans le premier testament, que nous appelons l’Ancien Testament, le peuple de Dieu s’est émerveillé devant la ten-dresse et les égards que le Seigneur manifestait à son endroit. Les patriarches, les prophètes et les auteurs des Psaumes en parlent dans une abondance de témoignages. Moïse disait au peuple : « Tu es un peuple consacré au Seigneur ton Dieu : c’est toi qu’il a choisi pour être son peuple, son domaine particulier parmi tous les peuples de la terre. […] C’est par amour pour vous, et pour tenir le serment fait à vos pères, que le Seigneur vous a fait sortir par la force de sa main, et vous a rachetés de la maison d’esclavage et de la main de Pharaon, roi d’Égypte. » De nombreux psaumes célèbrent l’amour et la miséricorde de Dieu. Par exemple, le Psaume 102 avec lequel nous venons de prier, « Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour. » Mais c’est surtout lorsque Jésus est entré dans l’histoire de l’humanité que nous avons pu comprendre réellement jusqu’à quel point Dieu nous aime et nous veut vivants, libres, heureux et saints. Il a été le parfait témoin du Cœur aimant de son Père en agissant en tout avec un amour qui s’est manifesté dans une fidélité absolue à son projet de salut, jusqu’à donner sa vie pour nous et pour notre monde qu’il aime tant.

Quand on aime, on veut que les autres soient heureux. On est prêts à tout faire pour que ce soit vrai. C’est ce que Jésus déclare à chacun d’entre nous, et quel que soit le poids de notre vie : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. »

En ce temps de pandémie particulièrement pénible pour un grand nombre d’entre nous, il est réconfortant d’accueillir cette invitation de la part de Jésus. Nos vies ont été bouleversées de bien des manières. Si vous êtes comme moi, vous avez probablement connu toute une gamme d’émotions et de déceptions. Un sentiment d’impuissance devant l’ampleur de la pandémie ; la frustration d’être confinés, en plus d’endurer les restrictions qui sont impo-sées ; la souffrance de ne pouvoir visiter ni recevoir les membres de vos fa-milles, ni vos amis ; l’impossibilité d’approcher les personnes malades, souf-frantes, en fin de vie ou celles qui vivent l’épreuve du deuil. Ce fardeau, que nous portons de multiples façons, trouve un sens lorsqu’il est offert à l’amour du Seigneur. Il est allégé lorsque nous confions à son Cœur le souhait de rece-voir la grâce de son aide, la force de son Esprit qui nourrit notre espérance.

Une telle attitude, confiante et sincère, n’a rien d’une pensée magique. C’est une réponse au Seigneur qui nous assure que nous sommes importants à ses yeux. Aujourd’hui nous est donnée, une fois de plus, l’opportunité de goûter à cet amour divin qui réchauffe le cœur, qui le rassure et nous permet, chers amis, de poursuivre la route. Aussi difficile que soit le chemin, Dieu est avec nous. Nous sommes avec Lui.

J’entends monter en moi ce beau chant de l’abbé Robert Lebel, qui ré-sonne comme un écho à la Parole de Dieu : « Venez à moi, vous qui peinez, vous qui ployez sous le fardeau, et moi, je vous soulagerai. »

Le Cœur de Dieu est entièrement dédié à démontrer jusqu’à quel degré il est tourné vers nous. Saint Jean le rappelle dans une de ses lettres : « Dieu est amour. » L’Apôtre nous le confirme parce qu’il en a été un témoin privilégié et qu’il ne peut s’empêcher de répandre cette bonne nouvelle. C’est ce qu’il a vu, entendu, et touché du Verbe de Vie. C’est dans la nature de Dieu d’aimer. Il est Amour.

Devant un groupe de prêtres, le pape François a posé la question sui-vante : « Où est orienté notre cœur ? » Que ce soit pour nous, ministres or-donnés, personnes consacrées ou laïcs baptisés, le Seigneur ne veut pas seu-lement que nous lui donnions du temps, nos talents et nos connaissances. Il veut notre cœur, tout notre cœur ! En d’autres mots, il veut partager notre vie. Jésus nous a démontré par sa vie qu’il est possible d’être en profonde relation avec Dieu et d’être pleinement disponibles pour servir nos frères et sœurs. L’Évangile nous montre souvent Jésus en prière, à l’écart, en communion avec le Père. Et cela ne l’empêche pas d’être attentif aux personnes qu’il croise sur son chemin. Bien au contraire, l’amour puisé dans sa relation avec son Père lui permet d’aimer toute personne et même d’aller à la recherche des personnes les plus souffrantes, isolées, exclues et mal aimées.

Frères et sœurs, maintenons notre regard fixé sur ce Cœur, qui a tant ai-mé le monde, qui nous aime tant, celui de Jésus, le Sacré-Cœur. Il nous condui-ra toujours à un plus haut degré d’amour et de don de soi.
J’ai appris de mon père et de mes frères, qui sont des chasseurs très sé-rieux, l’importance d’apporter une boussole avant de s’engager dans la forêt. La boussole indique le Nord et oriente toujours dans la bonne direction pour nous éviter de tourner en rond et de se perdre. Notre boussole à nous, chré-tiens, c’est le Cœur du Christ ressuscité. Les yeux fixés sur le Christ, sur son Cœur aimant et amoureux, il est impossible de se perdre dans la vie. Il indique toujours la bonne direction, celle qui conduit à la vie et la vie en abondance. Il nous l’a dit : « Je suis le Chemin, la Vérité́ et la Vie ».

Certaines personnes se souviendront certainement de ce beau cantique au Sacré-Cœur de Jésus. Je vous invite à m’accompagner pour en faire un hymne de louange et d’action de grâce. « Ô Jésus, ô Jésus, doux et humble de Cœur, placez mon cœur, placez mon cœur, tout près du vôtre… Placez mon cœur, placez mon cœur, tout près du vôtre ! »

Dieu se révèle dans son immense amour pour l’humanité. Laissons-nous aimer. Laissons-nous réconcilier, relever, et remettre en marche. Ainsi, nous serons en mesure, au milieu des surprises et des soubresauts de la vie, d’aimer davantage et de semer la joie de l’Évangile autour de nous. Voilà ce que peut faire l’amour du Cœur de Jésus, pour toi, pour nous, pour le monde ! AMEN


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