Billet éditorial, dimanche, 18.01.2026
Monique Lortie, MA phi
(Les cours de conversations philosophiques que j’anime – en Zoom, les lundis et les samedis et en présentiel, au Montmartre, les mercredis – débuteront durant la première semaine de février. Pour plus d’informations, contactez-moi à l’adresse e-mail : lortie.monique@gmail.com)
«Ce que nous apprécions le plus dans la vie, que cela concerne l’art, les parfums, les amis ou la cuisine, c’est la finesse, la subtilité, la délicatesse», écrit la philosophe belge, Pascale Seys1. Et si l’hiver, saison souvent redoutée, était justement l’un des plus grands dons de cette finesse à notre monde?
Il suffit d’un regard paisible sur un matin d’hiver pour en recevoir le message silencieux. Tout y est retenu, suspendu… Ce matin-là, le vent se fait chuchotement. Le paysage, comme estompé par une main invisible, se couvre de blanc, ce blanc si pur, si humble, qu’il révèle sans insister.
La nature se tait, mais elle parle… à qui sait écouter. L’hiver n’élève pas la voix, il suggère. Il est la saison de l’intime.
Ce silence, cette immobilité, ne sont pas absence, mais présence discrète. Loin du vacarme et de l’éclat, l’hiver nous apprend à contempler. Il nous offre la beauté sans arrogance, la lenteur comme une prière. L’arbre couvert de ce blanc ouaté, le souffle qui se voit, la lumière oblique des jours courts: tout nous invite à ralentir, à rendre grâce pour ce qui est simple, essentiel, offert.
«Ah! comme la neige a neigé!» écrivait Émile Nelligan, dans un poème que plusieurs d’entre nous portons sans doute encore près de notre cœur. Ce vers, qui semble lourd chez un Nelligan désespéré, est, en réalité, un vrai cri d’émerveillement. Une façon naïve de dire merci à la beauté blanche qui transforme tout. Car la neige, n’est-ce pas la délicatesse tombée du ciel? Elle efface les aspérités, réconcilie les formes, unifie les différences. Elle pacifie.
Et dans la lumière douce de janvier, alors que nos pas crissent sur les chemins, nous nous surprenons à éprouver une forme rare de,,, gratitude.
Gratitude d’être encore là, de pouvoir voir, sentir, goûter la saison des silences. Gratitude d’avoir reçu en héritage cette sensibilité toute humaine qui perçoit, dans les choses les plus ténues, la trace d’un amour infini…
L’hiver, loin d’être seulement un froid à traverser, est, sans doute, une grâce à recevoir. Une sorte d’école de finesse. Et peut-être, qui sait? …une parabole divine.
Il est subtil, fin et délicat, Lui aussi!
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1 Le panache de l’escargot, éd. Racine

Satisfaction à la suite de Jésus