Le 15 mars 2026 4e dimanche du Carême, année A – Jn 9, 1-41
Les apparences
Dieu envoie le prophète Samuel à Bethléem pour y sacrer roi celui qui remplacera Saül. Samuel se rend donc chez Jessé qui lui présente ses fils. Mais le Seigneur n’a choisi aucun de ceux-là. Samuel, impressionné par la taille et les apparences de l’aîné, l’aurait sacré roi. Le Seigneur lui dit: «Ne considère pas son apparence ni sa haute faille, car je l’ai écarté. Dieu ne regarde pas comme les hommes: les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur.»
De nos jours l’image compte plus que tout. Lors des élections, le débat entre les candidats influence le résultat du vote. Or le plus qualifié n’est pas forcément celui qui a la répartie facile. Les apparences nous fascinent. Le Seigneur, lui, «regarde le cœur», i.e. la valeur profonde de la personne.
À qui la faute?
Être aveugle. Dépendre des autres pour presque tout. En ce temps-là, pour survivre, l’aveugle devait mendier. À son malheur s’ajoutait le soupçon: il y a eu péché. De qui? Lui ou ses parents?
Cette manière de réagir perdure. Des personnes, même éloignées de la foi, lors d’une épreuve se demandent: «qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu?» Nous sommes habités par un sentiment de culpabilité diffus qui refait surface lorsque nous frappe le malheur.
À la question «à qui la faute?» Jésus répond: «Ni lui, ni ses parents n’ont péché.»
Une réponse claire: l’aveugle n’y est pour rien et ses parents non plus. Jésus ajoute ensuite: «c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui». L’homme serait-il né aveugle pour permettre à Jésus d’opérer un miracle? Évidemment, non. La question en cache une autre: l’origine du mal qui accable l’humanité. En guérissant l’aveugle-né Jésus montre qu’il peut vaincre le mal. Ici, la cécité. Son geste annonce une victoire plus grande et plus totale: la victoire sur la mort.
Qui est aveugle?
Dans cet épisode, qui est aveugle? L’aveugle de naissance ou les Pharisiens refusant de reconnaître la guérison et surtout d’accueillir Jésus comme envoyé de Dieu? Prisonniers de leur rigidité, ils ne peuvent concevoir que la libération d’une personne passe avant le respect rigoureux d’une Loi.
«Le sabbat, affirme Jésus, a été fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat.» La rigidité peut rendre aveugles des personnes de bonne volonté, comme l’étaient les Pharisiens.
Où est la victoire?
L’aveugle donne à Jésus le titre de «Seigneur», titre réservé à Dieu. Il reconnaît que Jésus n’est pas seulement un guérisseur, mais le Fils de Dieu. De là la confiance que nous mettons en Lui.
Pour dépasser les apparences, il faut regarder plus loin; croire en la victoire du Christ sur le mal et accueillir le projet de Dieu qui nous attend dans son Royaume.
Marcel Poirier, assomptionniste
