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«Jésus Christ est Seigneur» à la gloire de Dieu le Père

Le 29 mars 2026      Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, année A – Mt 26, 14 – 27, 66

Lectures du jour

«Jésus Christ est Seigneur» à la gloire de Dieu le Père». Ce verset de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens en lui seul aurait pu résumer le sens de la célébration du Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur. Les lectures longues maintenant demandent une méditation recueillie et patiente tout au long de la Semaine Sainte.

«D’une parole, soutenir qui est épuisé»

“Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé.” Le prophète Isaïe nous rappelle bien un des sens les plus importants de la parole, de notre parole: Soutenir l’épuisé! Mais si on y pense sérieusement, c’est toute la vocation de la Parole de Dieu Incarnée – de Jésus Christ – d’accompagner et de soutenir l’humanité épuisée: épuisée par les souffrances, pas les maladies, par les guerres, par les jalousies et les méchancetés de toute sorte. Ce que Dieu nous rappelle en Jésus Christ, particulièrement en ce Dimanche des Rameaux, c’est que Dieu ne renonce jamais à cet accompagnement, même si cheminer ensemble, par moment, n’est s ni évident ni facile.

Éveiller l’oreille et écouter

Pour cela Dieu dans le livre du prophète Isaïe nous rappelle une attitude à recevoir, à acquérir, à demander et à fructifier: c’est “d’écouter avec une oreille éveillée.” Il ne s’agit pas ni juste “d’avoir une oreille éveillée” ni “d’écouter”. Nous sommes invités à écouter avec “une oreille éveillée” par Dieu lui-même. Une oreille éveillée écoute la vie de l’autre dans toutes ces nuances – bonnes et moins bonnes, réconfortantes, et parfois, osons le dire révoltantes. C’est d’ailleurs pour cela il me semble que le prophète Isaïe nous redit dans son livre: «Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé.» Oui, les réalités que nous entendons avec notre oreille éveillée, avec l’oreille de notre cœur, peuvent nous révolter, et elles peuvent même nous tenter à adopter l’attitude de nous dérober, de nous retirer, de s’enfuir. Quand les choses nous dérangent véritablement, est-ce que le chemin du retrait et de la dérobade est le chemin du salut?

S’engager face et avec les autres

Dans la Bible Dieu nous révèle progressivement que le chemin du salut ce n’est pas le chemin de fuite ni de la dérobade, même s’il existe dans notre vie des moments exceptionnels comme la fuite en Égypte; le chemin du salut c’est le chemin de l’engagement dans les épaisseurs de notre vie et de notre existence avec les autres dans toute sa complexité et avec tous les conflits potentiels. En général, nous n’aimons pas les conflits, mais nous ne nous cachons pas la face, les conflits et même les conflits graves font partie de nos vies. Dire qu’ils n’existent pas, ou faire comme s’ils n’existent pas ce n’est pas de vivre dans le monde réel. Or, précisément Dieu s’engage toujours dans une relation avec notre monde, avec chacun et chacune d’entre nous tels que nous sommes, tels que nous sommes réellement. Jésus ne fuit pas le monde. Il présente son dos, il se fait reconnaître homme à son aspect, il s’abaisse jusqu’à la mort, et la mort sur une croix.

Le dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur nous invite en contemplant l’engagement de Dieu avec chacun et chacune d’entre nous personnellement et comme communauté, à accueillir cette grâce, et à prendre le même chemin que le Christ, en le suivant, en l’accompagnant, en nous accompagnant les uns les autres!

Édouard Shatov, augustin de l’Assomption