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Enfants «bien-aimés» du Père

© Jennifer Harvey, Jesus Baptised Fresco. Church of Bethany On The Jordan

Le 11 janvier 2026      Baptême du Seigneur, année A – Mt 3, 13-17

Lectures du jour

«Celui-ci est mon Fils bien-aimé…» Jésus se fait baptiser, assumant pleinement notre nature humaine y inclus notre faiblesse.

Jean proteste à la demande de Jésus de se faire baptiser. Il reconnaît en Jésus le Messie attendu, dont il se sent indigne de dénouer les courroies des sandales. Lui, Jean, baptise des pécheurs pour les purifier. Or Jésus n’a pas besoin de purification. Jean ne comprend pas, il s’incline devant cette demande du Messie attendu.

Le geste de Jésus obéit à une double logique, celle de l’Incarnation et celle de la miséricorde.

L’incarnation

«Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous.» Jn 1, 14 Prendre chair signifie assumer intégralement la nature humaine, corps, âme et esprit. Le Verbe ne s’est pas contenté de nous visiter avec un corps bien visible semblable au nôtre; il a voulu s’identifier totalement à notre nature humaine. Il nous rejoint dans ce que nous sommes, dans cette faiblesse congénitale, cette incapacité à saisir clairement l’orientation de nos vies dont l’épanouissement ne peut être qu’en Dieu.

En se faisant baptiser, Jésus nous rejoint dans notre besoin de conversion. Pour Lui, la conversion est un état permanent; en tout temps il est tourné vers le Père. Pour nous, la conversion demeure une nécessité quotidienne, un effort toujours renouvelé, car notre être se laisse facilement capter par des réalités qui nous éloignent du Père. Il nous faut en permanence retrouver le cap.

La miséricorde

Jean Baptiste attendait un Messie qui interviendrait avec vigueur et jugerait le peuple. Jésus adopte une attitude opposée, pourtant annoncée par les prophètes. Il s’identifie au «Serviteur souffrant» que décrit Isaïe dans la 1ère lecture.

«Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, on n’entendra pas sa voix sur la place publique. Il n’écrasera pas le roseau froissé; il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, il fera paraître le jugement en toute fidélité.»

Le «roseau froissé», «la mèche qui faiblit»: deux belles images qui dépeignent ce à quoi nous ressemblons à certains moments. Le regard que Jésus pose sur nos misères en est un de tendresse et de miséricorde.

«Je ne suis pas venu juger le monde, je suis venu sauver le monde.» Jn 12,47 En se faisant baptiser, Jésus se rend solidaire de notre condition faible et fragile. Ce regard de tendresse n’a rien de complaisant, comme si nos fautes n’avaient aucune importance, aucun impact sur ce que nous sommes et sur la vie des autres. Jésus est venu sauver; il ne nous laisse pas patauger dans notre misère. Par son baptême, Il se révèle pleinement l’un des nôtres. C’est justement celui qui s’est fait comme l’un de nous que le Père désigne comme son «Fils bien-aimé». Il suffit de le suivre pour devenir à notre tour «fils» ou «fille» «bien-aimés.»

Demandons à l’Esprit de nous renouveler intérieurement afin de révéler à ceux et celles qui nous entourent qu’ils sont aussi des enfants «bien-aimés» du Père.

Marcel Poirier, assomptionniste