Confiance en Dieu

Le 28 juin 2026      13e dimanche du temps ordinaire, Année A — Mt 10, 37-42

Lectures du jour

Au sortir de la saison pascale, la liturgie nous invite à reprendre le temps ordinaire, le 13e dimanche du temps ordinaire. L’évangile de ce jour est tiré du chapitre 10 de l’évangile selon saint Matthieu. Celui-ci est construit autour de 5 discours de Jésus, le plus connu et le plus long étant le Sermon sur la montagne (5, 6, 7). Ce sont autant de piliers, pourrait-on dire, qui structurent l’enseignement de Jésus. Aujourd’hui, au chapitre 10, c’est le deuxième de ces piliers: le discours sur la mission, sur l’attitude des disciples que Jésus envoie en mission.

Le thème central de l’épisode que nous lisons en ce dimanche est la confiance en Dieu. Le texte souligne le choix radical pour celui qui veut devenir disciples du Seigneur. Cela pourra même aller jusqu’à rompre des liens familiaux. Jésus a déjà dit que le disciple n’est pas plus grand que le maître. Si lui va souffrir, il ne faut pas se surprendre que le disciple connaitra aussi la persécution. Mais Dieu se tiendra toujours à son coté. Il veillera sur son serviteur.

Matthieu écrit son évangile 50 ans après le ministère de Jésus autour du lac de Galilée. Il est à Antioche et ses lecteurs sont majoritairement des Juifs qui ont accueilli la Bonne Nouvelle. Mais leur foi n’est pas solidement ancrée; ils se sentent minoritaires et certains sont tentés de retrouver leurs traditions ancestrales, leurs racines dans le judaïsme. Ils ont été expulsés de la synagogue et se sentent en marge de la société. Matthieu veut les rassurer en leur disant qu’ils n’ont rien à craindre. Il les invite à être des disciples de Jésus, des frères de Jésus, des apôtres de Jésus.

Qu’est-ce qu’un disciple? C’est celui qui suit un maître, un modèle de vie. Pour cela, il faut le connaître. Pour connaître Jésus, il faut ouvrir l’évangile, le méditer, le savourer. ‘Ce n’est pas celui qui dit Seigneur, Seigneur, qui entrera dans le Royaume des cieux, mais celui qui écoute la Parole et la met en pratique.’ Il faut mettre toute son intelligence à comprendre la Parole et la faire passer dans sa vie de chaque jour. Il faut apprendre tout de lui, non seulement les paroles mais aussi les attitudes. Jésus savait comment allier la douceur et l’humilité avec une confiance personnelle extraordinaire, un sens de direction et de courage qui lui venaient de son intimité avec le Père.

Lorsque nous avons compris cela, nous devenons de vrais disciples du Seigneur. Lorsque notre esprit a été conquis par la Parole de Jésus, il nous faut devenir frère de Jésus, c’est-à-dire avoir une relation intime, personnelle avec lui. C’est une affaire de cœur, comme l’amour qui unit les membres d’une même famille. Les liens du sang sont très forts et soudent des frères, des sœurs. Être frère de Jésus, c’est partager sa vie, ses rêves sur le monde, sa passion pour le plus faible, sa révolte contre l’injustice. Si nous imitons Jésus à ce point, les gens autour de nous verront que nous sommes vraiment frères et sœurs de Jésus.

Enfin, nous sommes appelés à être des apôtres de Jésus. L’apôtre, c’est celui qui ne peut garder pour lui-même ce qu’il a appris au contact de Jésus. Il est envoyé vivre sa foi concrètement dans le monde. Il aura besoin de ses pieds pour aller vers la périphérie, comme le disait le pape François, vers ceux qui sont dans le besoin; il a besoin de ses mains pour aider le pauvre, le prisonnier, la veuve et l’orphelin. Être apôtre de Jésus, c’est toute une responsabilité, celle qui incombe à chaque baptisé.

Devenus disciples, frères ou sœurs de Jésus, apôtres, voilà qui nous laisse dans la confiance totale, même dans ces temps difficiles, alors que nous avons à semer l’espoir autour de nous, la solidarité et la compassion. Puisse le Seigneur nous venir en aide puisque notre vie est entre ses mains et que notre cœur tout entier lui appartient. AMEN

Père Gilles Blouin, Augustin de l’Assomption