Éditorial du dimanche 21 juin 2026
S’il y a dans notre monde une figure méconnue, très souvent incomprise, absente, voire mal aimée, c’est bien celle du père. On peut ne pas être d’accord, mais on se questionne tout de même en observant le nombre de personnes pour qui le père demeure une énigme, un être à la fois désiré et inatteignable.
Sans diminuer l’importance de la mère, il est impérieux de rappeler le rôle du père dans la construction de l’identité d’un être humain.
Idolâtrer le père est un comportement répréhensible. Toute dépendance psychologique malsaine est à bannir. Être père signifie faire grandir l’autre, c’est-à-dire l’enfant, jusqu’à ce qu’il parvienne à son existence propre. L’être humain évolue constamment. Il en va ainsi de la paternité qui se transforme quand l’enfant parvient à la pleine maturité.
Le père aide l’enfant à identifier sa place dans le monde, à devenir responsable de lui-même, à se respecter et à respecter les autres. Peut-être pourrait-on même dire que le père est « un tuteur, un pasteur, quelqu’un qui permet à un être humain de passer d’une forme à une autre tout en restant lui-même ». Le but ultime est sans contredit de s’enraciner dans la tradition de sa famille, de sa région, de son pays, de sa religion. C’est seulement ainsi qu’il devient possible de cultiver, comme le jardinier, les branches neuves de notre histoire.
Le père, c’est celui qui apprend à son enfant à interpréter la musique de sa propre vie non pas comme une partition à exécuter, mais comme un chant à offrir pour la joie du monde entier.
Je vous souhaite une très belle fête des Pères!
Édouard Shatov, éditorialiste

Le bonheur