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Qui ne dit mot…

28 janvier 2024 / Articles, Éditorial-Infolettre

J’ai été bouleversée cette semaine par un reportage de Sophie Langlois au téléjournal du 21 janvier 2024 qui abordait la loi du silence imposée dans plusieurs de nos universités canadiennes en ce qui concerne le conflit israélo-palestinien.

Une étudiante en médecine de McGill, sous le couvert de l’anonymat, craignait des représailles du programme si elle dénonçait les attaques sur Gaza. Des avertissements auraient été donnés afin de bâillonner toute expression sur les réseaux sociaux ou autre et y contrevenir risquait de porter atteinte à la carrière en devenir.

Cette jeune femme, clairement émue, tenait simplement à dénoncer les atrocités vécues par des civils et que « c’est très épeurant de voir que des gens qui ressemblent à des personnes que j’aime sont ainsi déshumanisés».

Qu’une étudiante en médecine soit ébranlée dans un élan de compassion et qu’elle ait le courage de le dire est rassurant mais on ne peut en dire autant des lignes de conduites imposées.

Aux USA, déjà en décembre 2023, trois dirigeantes de grandes universités (Harvard, MIT, Upenn) ont dû se présenter en commission parlementaire pour rendre des comptes accusées de ne pas en faire assez contre l’antisémitisme sur leur campus.

Je condamne haut et fort l’antisémitisme et des propos ou actes de cette nature n’ont pas raison d’être mais il ne faut pas faire d’amalgame ici.

C’est quelque chose d’inciter à la violence, à la vengeance, de ne pas faire la différence entre des positions de quelques politiciens qui prennent des décisions radicales et le peuple juif (dont la diaspora) qui finit par en être victime. Il est inacceptable que des étudiants et professeurs juifs ne se sentent pas en sécurité sur leur campus.

Mais limiter toute expression par rapport à ce conflit fait-il partie de la solution ou si cela ne fait que l’envenimer. Le dialogue, au contraire, peut faire ouverture vers plus de compréhension, une recherche de mieux vivre ensemble et peut-être vers des solutions pacifiques.

Lorsque le conseil de sécurité de l’ONU, de nombreuses ONG, le Pape François demandent un cessez-le-feu, il ne s’agit pas de positions antisémitiques.

Gaza est devenu l’endroit dans le monde le plus dangereux pour un enfant, un journaliste, un travailleur humanitaire.

La population civile est confrontée à une crise humanitaire gravissime sans précédent.

Le système de santé est pratiquement effondré tout comme d’innombrables infrastructures.

L’attaque du Hamas du 7 octobre a provoquée 1140 morts d’Israéliens dans des conditions horribles, 250 otages et leur famille (132 encore détenus) ont vécu des moments atroces.

Plus de 25,700 décès palestiniens (surtout des femmes, enfants, ados) sont rapportés et que dire des conditions innommables dans lesquelles vivent une population prise en otage elle aussi .

C’EST ASSEZ!!!

Cette semaine un regroupement d’ONG dont médecins du monde, Oxfam, amnistie internationale, a demandé à tous les pays de cesser de fournir des armes à Israël et aux groupes armés palestiniens pour éviter de se retrouver complices de crimes de guerre.

Cette demande se joint évidemment à celle d’un cessez-le-feu immédiat tant pour les Israéliens que pour les palestiniens qui tirent des roquettes sans discernement sur les populations israéliennes.

Prendre parti pour la paix, ce n’est pas un acte antisémitique ni propalestinien, c’est un devoir humanitaire.

Des semences de haine croissent et pleuvent de part et d’autres avec les bombes ; seule une attitude de compassion, un regard vers l’autre pour y voir un frère, une sœur, un enfant peut permettre une conversion de ce conflit.

Dans la lecture de ce 25 janvier, une phrase adressée à Paul me saisit : « Je suis Jésus, celui que tu persécutes » (Actes 9, 5).

Si Jésus est venu parmi nous c’est en parti pour que nous apprenions à le reconnaître dans les traits de notre prochain. Ceci renforce notre devoir de témoigner de sa volonté de bienveillance et de sa compassion pour chacun de nous.

Il n’y a pas lieu de se taire et de renoncer à dénoncer l’horreur.

Le discours de l’annulation ne doit pas bâillonner notre droit et devoir de s’opposer à l’intolérable.

Je prie pour ces jeunes d’ici et à travers le monde qui se révoltent et s’indignent devant l’inacceptable et qui le font dans le respect de l’autre, en recherche pour le grand bien de tous.

Il n’y a pas que Gaza qui risque de tomber en cendre, notre humanité aussi s’il y a démission par un laisser-faire et un non-dit.

Ann Montreuil, Éditorialiste au Montmartre de Québec


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