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22 janvier 2023 / Articles, Éditorial-Infolettre
Feu de camp

© Manuel, Feu de camp

Depuis mercredi, nous avons commencé la Semaine de Prières pour l’Unité chrétienne, chaque année célébrée entre le 18 et le 25 janvier. Ici, au Montmartre, nous prions à chaque jour pour une Église particulière, pour ses leaders, pour la sanctification de ses fidèles. Nous croyons que si les chrétiens, dans chaque confession chrétienne, deviennent plus près de Jésus Christ et de l’évangile, immanquablement nous allons nous rapprocher les uns des autres.

Tout au long de l’histoire, des divisions se sont produites en raison souvent de divergences culturelles, politiques, parfois des interprétations différentes de comprendre le mystère chrétien. L’éloignement progressif a aussi causé une part plus grande du manque de charité réciproque. Les oppositions se sont durcies et les condamnations réciproques ont fait que des frères qui partageaient pourtant le même baptême et le même évangile ne se sont plus reconnus comme faisant partie de la même famille. Ces divisions sont vite devenues un scandale à l’intérieur et à l’extérieur des institutions ecclésiales.

Heureusement, au début du XXe siècle, des prophètes se sont levés pour renverser cette situation et ont posé les bases de ce qui allait devenir le mouvement œcuménique moderne. Ce fut le milieu missionnaire protestant qui, le premier, a sonné l’alarme. Nous ne pouvons pas annoncer Jésus Christ aux populations d’Asie ou d’Afrique en exportant nos divisions venues des vieux continents. Il faut être capable de parler d’une seule voix, un langage nouveau. Les presbytériens ont continué d’avoir leurs hôpitaux, les anglicans leurs écoles et les luthériens leurs paroisses. Les catholiques, pour leur part, sont restés à l’écart, observant de loin ce qui allait se produire mais un peu sceptiques…

Cependant, il y eut des individus qui ont été éveillés à cet idéal d’une unité retrouvée, comme si la tunique déchirée du Christ Jésus pouvait être recousue : des cardinal Mercier, des abbés Couturier, des Père Congar et bien d’autres. Ils suivaient de près ce qui se déroulait dans le monde protestant et orthodoxe, ce qui allait aboutir, en 1948, à la création du Conseil Œcuménique des Églises (Amsterdam 1948), transféré plus tard à Genève. Du côté catholique, un renouveau biblique et liturgique était en marche, de sorte que l’annonce d’un concile par le bon pape Jean XXlll (1959) arriva à point et fut l’occasion d’un élan œcuménique formidable : l’Église catholique prenait le train en marche mais devait s’avérer un partenaire incontournable. Les années qui ont suivi donnèrent lieu à de belles avancées : prière en commun, dialogue des théologiens, travail caritatif partagé à la base. Une certaine effervescence.

Tout cela semble bien loin. Aujourd’hui, le mouvement œcuménique semble s’être essoufflé et, dans notre diocèse, nous en sommes réduits à peu de célébrations communes. C’est comme si le Christ, à la dernière Cène avait dit : ‘Soyez de bons voisins’, et rien de plus. N’a-t-il pas dit plutôt : ‘Soyez des frères!’ Si nous voulons prendre au sérieux l’évangile, il nous faut entrer dans cette conversion des Églises, revenir à Jésus Christ à cause de notre baptême, demander pardon pour notre indifférence les uns aux autres, marcher ensemble sur un chemin de réconciliation. Pour cela, il faut apprendre les uns des autres. Nous ne rechercherons pas l’uniformité mais la complémentarité. Nous découvrirons les trésors d’autres traditions religieuses et ne garderons pas pour nous seuls les nôtres. Notre but n’est-il pas la communion dans le Christ, selon la très belle image de saint Paul dans la lettre aux Corinthiens : tous ne sont pas la main, le pied, le cœur, la tête mais nous formons un seul corps dans la diversité des dons et des charismes.

Père Gilles Blouin, assomptionniste


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