Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

Pampelune

Éditorial du dimanche 8 février 2026
Père Gilles Blouin, assomptionniste et éditorialiste 

Qui n’a pas entendu parler de cette petite ville du nord de l’Espagne et de son festival d’été qui attire des milliers de touristes? Son attraction principale est la course de taureaux qui cavalent à toute vitesse dans les rues étroites à la poursuite d’une centaine d’hommes qui, par bravade ou défi, risquent leur vie. Les femmes sont aux balcons et prient ou encouragent selon. Cet exercice ou cette prouesse sied bien avec le caractère un peu macho de l’espagnol moyen.

On peut se demander si ces hommes ont du courage, de l’audace, le goût du risque ou de la vantardise. À n’en pas douter, c’est une entreprise intrépide. De fait, à chaque année il y a des blessés mais le spectacle est toujours un succès. Comme quoi en chacun de nous il y a un lecteur de ce qui s’appelait Allo Police. Nous aimons voir se dérouler sous nos yeux le risque du danger comme dans l’arène de lutte ou le Grand Prix automobile.

Lorsque j’étais étudiant en France, je me souviens d’être allé à la Plazza del Torro, à Madrid. La corrida du dimanche après-midi attirait toujours les foules pour assister à la performance des matadors jusqu’à ce qu’ils en viennent à épuiser l’acharnement et la fougue du taureau. J’ai pu voir une variante dans le sud-ouest de la France, dans la région de Carcassone: le toréador devait rapporter la cocarde attachée à l’une des cornes du taureau. Je ne sais pas si ces coutumes sont encore permises étant donné les pressions des défenseurs des droits des animaux (!). Les combats de coq dans certaines provinces des Philippines subissent le même sort qui a parfois forcé le passage à la clandestinité.

Je me suis fait la réflexion que je vous partage. Lorsqu’on commence dans la vie, à 20 ou 25 ans, n’a-t-on pas besoin d’une bonne dose d’audace, de courage et d’énergie, même un certain goût du risque, pour s’orienter sur un projet de vie, une vocation donnée, une carrière plutôt qu’une autre? Fait-on le bon choix? Ou bien, lorsqu’on ébauche un projet d’entreprise et que l’on n’a pas en mains tous les contours, toutes les conséquences possibles, il faut bien avoir un étincelle d’allumage puissant pour se lancer. Ce goût du défi et cette audace sont bien nécessaires, et cela dans toutes les sphères d’activité. ‘Heureux qui comme Ulysse…’