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Les nouvelles technologies et nous

27 novembre 2022 / Articles, Éditorial-Infolettre
Offutt Air Force Base chaplain performs virtual mass during COVID-19 pandemic.jpg

L’aumônier de la base aérienne d’Offutt à une messe virtuelle pendant la pandémie de COVID-19 // © J.B. Artley, U.S. Air Force

« Alors que la Messe va commencer, veuillez éteindre votre cellulaire ou le mettre en mode silencieux. » Voilà ce que j’ai entendu, un jour, alors que je présidais l’eucharistie dans une paroisse. Récemment, j’ai vu arriver un jeune prêtre en toute hâte à l’église, son I-Pad à la main, sans doute porteur de son homélie… Vous avez aussi à l’esprit des scènes incongrues montrant comment les nouvelles technologies ont changé nos habitudes. Bien plus, elles ont changé qui nous sommes : notre manière d’être présents les uns aux autres ou de nous éviter tout doucement, gardant à bonne distance ces personnes avec qui nous sommes en lien et à qui nous disons tout ce que nous voulons qu’elles sachent à notre sujet… mais rien de plus.

Toute cette histoire m’a sauté aux yeux lorsque j’ai lu un article de la professeure Sherry Turkle du MIT : « L’art d’éviter la conversation ». À vrai dire, comment peut-on mieux communiquer avec quelqu’un avec son pouce plutôt qu’avec sa langue ? Parler face à face avec quelqu’un, permet à tout son corps d’être partie prenante de la conversation et non seulement la bouche. Toute la gamme des émotions passent difficilement par les ondes qui transportent votre texto au loin. On peut facilement se cacher derrière le gadget digital et ne dire qu’une partie de la vérité. Comme je suis réfractaire à utiliser le cellulaire, je dis souvent que 95% des messages sont bons pour la poubelle de toute façon ou permettent de se tirer d’affaire alors qu’on est en retard pour un rendez-vous. Je concède que la liberté ainsi trouvée, puisqu’on peut me rejoindre difficilement (surtout durant mon sommeil!), peut faire de moi une pièce de musée dans ce monde qui évolue rapidement.

« Alors, tu dois dépendre des autres pour faire passer l’information autour de toi », m’a-t-on dit un jour. Et alors ? Ce n’est pas bien cela ? J’aime l’idée de devoir dépendre des autres. Une complète autonomie me laisserait croire que je n’ai besoin de personne à mes côtés. La vie m’a fait comprendre que ce sont les côtés vulnérables de ma personnalité qui peuvent me permettre d’être en lien avec les autres et non pas quelque nouvelle prouesse technologique (et attendez de voir ce qui sera bientôt sur le marché!). Comment entrer en relation personnelle avec une personne blindée d’une armure ? Pas facile à pénétrer le cœur de ce qui rend une personne différente de moi.

Y a-t-il quelqu’un de plus vulnérable que Jésus en croix. Ne lui envoyez pas un texto ; parlez-lui plutôt en direct, face à face. Mieux, cœur à cœur. Vous êtes triste ? Ne gardez pas de secret pour lui. Vous êtes fou de joie ? Racontez-lui pourquoi il y a tant de soleil dans votre vie. Devant les injustices, criez-lui votre révolte. Vous êtes à bout de souffle à cause d’une vie trépidante : trouvez en lui la paix et le repos. Vous rencontrez des difficultés financières : rappelez-vous qu’il n’avait pas une pierre pour reposer sa tête et qu’il disait : Ne vous faites pas tant de soucis; votre Père dans le ciel sait tout ce dont vous avez besoin et ne vous laissera pas en désarroi si vous lui faites confiance.

Alors, restez branché… oui, mais non pas seulement à la surface de la vie.

Père Gilles Blouin, assomptionniste


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