Le Père Marcel Poirier, un géant… de petite taille

 

Marcel est né à Scotstown, en Estrie, le 3 octobre 1941. Il est le deuxième d’une fratrie de sept. Dorès, son père, était menuisier et sa mère, Lucienne, tenait la maison. Il fit ses classes à l’école des Frères des Écoles Chrétiennes puis entra avec le premier groupe d’élèves au Collège d’Alzon des Pères Assomptionnistes à Bury, en 1955. À la fin du parcours des études classiques, il entra au noviciat de Saugerties dans l’État de New York où il fit sa profession religieuse, le 28 août 1962.

Il entreprit alors des études universitaires, à Layrac dans le sud de la France pour la philosophie, puis à Rome pour la théologie. Il revint ensuite au pays pour être ordonné prêtre par Monseigneur Jean-Marie Fortier dans son village natal, le 13 juillet 1968. Nommé au Séminaire St-Augustin de Cap-Rouge, il s’inscrit à l’Université Laval où il obtiendra une Maîtrise en sociologie et il enseignera les sciences sociales jusqu’en 1981.

Il devient alors le premier vice-provincial du Canada, un poste d’animation et de gouvernance qu’il tiendra pendant 9 ans. En 1985, il devient curé de paroisse à notre sanctuaire de Beauvoir, près de Sherbrooke, une nouvelle expérience pastorale qui le marquera beaucoup. Il est appelé à Rome en 1993 pour devenir économe général de la Congrégation pendant 12 ans, avant de revenir à Québec comme provincial d’Amérique du Nord pour 6 ans puis supérieur de la communauté du Montmartre pour deux termes.

Une part importante de ses responsabilités fut d’être le président du conseil d’administration de Bayard Canada pendant plus de 20 ans qui avait fait l’acquisition de Novalis. Le monde de la presse et de l’édition est complexe et Marcel a su naviguer dans des eaux pleines de surprises et d’imprévues mais entouré d’une équipe compétente.

La maladie devait lui barrer la route depuis Noël dernier mais, au début juin, l’issue fatale se pointa rapidement. Il fut transféré aux soins palliatifs du Centre hospitalier de l’Enfant-Jésus où il a rejoint le Père dans la confiance et l’abandon, le dimanche 19 juillet dernier, entouré de sa famille et de sa communauté assomptionniste.

Tous se souviendront de lui comme d’un frère discret, d’un travailleur acharné, d’un homme d’une grande foi, d’une grande stature intellectuelle… et de petite taille.

P. Gilles Blouin a. a.