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LE COVID-19, LA CRAINTE ET LE CHAGRIN

19 septembre 2020 / Articles, Éditorial-Infolettre


Il nous en aura fait voir de toutes les couleurs celui-là ! Et encore plus aujourd’hui alors que tout semble basculer à nouveau, partir en vrille. Le problème le plus difficile que nous ayons à résoudre, alors, c’est probablement celui de savoir quelle doit être notre attitude maintenant. À ce qu’il semble, nombreuses sont les personnes qui, dans le confinement qui veut s’étirer jusqu’à la fin des temps, se perdent dans des ruminations qui assombrissent l’avenir et idéalise le passé.

« Quoi fairrre ? quoi fairrre ? », disait Sol dans une époque pas si lointaine – et pourtant disparue… Mais voilà que je cède à la nostalgie moi aussi !

Le présent, ces jours-ci, n’apporte que du triste et de l’angoissant. Aussi par un mouvement étonnant de l’imagination invite-t-il à négocier, en imagination, avec un passé idéalisé. « Idéalisé », voilà le maître mot de l’affaire : il colore les personnes et les événements passés à volonté les rendant parfaites et parfaits dans leur genre. Tel ami d’alors était parfait, mon frère, un parfait salaud, si tu savais… ; notre voyage en Italie il y a 20 ans était sublime, le lien que j’ai eu avec ma mère a toujours été parfaitement nul, j’en garde une blessure brûlante ; etc. Dans ce repli sur passé, rien de banal, de commun, toujours de l’intense. Or la drôle de vie que nous avons à vivre aujourd’hui n’a que la couleur du chagrin et de la sombre tristesse. De là viendrait que le confinement et la crainte de demain raniment sans cesse une rumination perverse.

Quoi faire pour éviter de sombrer dans la jouissance de ces idéalisations ? D’abord refuser d’y penser, suggère Louis Lavelle. Bannir tout ce qui a l’air d’une plainte, conseille de son côté le philosophe, théologien et psychanalyste, François Roustang. Car, dit-il, « la plainte est infidèle, elle ajoute toujours quelque chose de son cru ; la plainte surfait les afflictions. Elle ne respecte pas la juste douleur et la juste peine, elle les entoure d’un surcroît. » Deux gros mots me viennent alors à l’esprit : Ressentiment et Apitoiement.

Ne pourrions-nous pas méditer le sens profond de ces deux mots, cette semaine ? Et si rien d’apaisant ne nous vient, si nous restons encore et encore dans la joyeuse colère et le doux rêve de vengeance, alors il y aura toujours moyen de… porter plainte !

MONIQUE LORTIE
lortie.monique@gmail.com



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