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La Sainte Famille

26 décembre 2021 / Articles, Commentaires de l'Évangile

Crèche de la chapelle du sanctuaire du Montmartre à Québec, Noël 2021 || © Édouard Shatov, assomptionniste

26 décembre 2021    Fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph, année C – Luc 2, 41-52
Lectures de ce jour

Sitôt après Noël, la liturgie nous présente la fête de la Sainte Famille, une bonne occasion pour réfléchir et rendre grâce pour nos propres familles. On dit que la famille est mise à mal ces temps-ci. N’est-ce pas de toujours que la famille humaine est bousculée dans l’idéal qu’immanquablement elle se propose ? Nulle famille n’est parfaite, il faut bien en convenir. Même la Saine Famille, comme nous venons de l’entendre.

Marie, Joseph et l’enfant Jésus font le pèlerinage depuis Nazareth en Galilée jusqu’à Jérusalem. Le texte dit que Jésus a 12 ans. Tout juif comprendra que ce n’est pas n’importe quel pèlerinage que celui-là : on va célébrer la ‘bar vitsva’ de Jésus, ce qui correspond en quelque sorte à notre confirmation. Oui, c’est le moment où un jeune quitte l’enfance pour entrer dans une autre étape de sa vie : pas encore un adulte mais plus tout-à-fait un enfant. L’adolescence, quoi. Pour Luc, l’évènement qu’il va rapporter sera une charnière ou le passage entre les récits de l’enfance (les 2 premiers chapitres de l’évangile) et le ministère proprement dit de Jésus.

Quel est cet évènement ? Nous le voyons à partir des yeux de Marie et de Joseph. Le rituel de la ‘bar vitsva’ est passé sous silence tout autant que celui très solennel de la Pâque juive. Nous les découvrons au moment de leur retour du pèlerinage. Ils font partie de la caravane qui les ramènera vers Nazareth. Après une journée de marche, ils s’aperçoivent que Jésus n’est pas dans le groupe. Imaginez l’état d’esprit des parents dont l’enfant est porté disparu. C’est la panique. Immédiatement, ils retournent vers Jérusalem.

Au bout de trois jours, nous dit le texte, ils le retrouvent dans le temple au milieu des docteurs de la Loi. Dans l’évangile de Luc, ce ‘trois jours’ n’est pas anodin. Le miracle de Cana n’a-t-il pas lieu le troisième jour ? Jésus ressuscitera le troisième jour après avoir été mis en croix. Cette indication est donc un clin d’œil pour nous indiquer qu’il faudra comprendre cet évènement dans sa signification profonde.

Marie prend la parole, Joseph toujours discret : « Vois, ton père et moi avons souffert en te cherchant. Comment as-tu pu nous faire cela ? » Certains se sont étonné que Marie parle de Joseph comme le père de Jésus. Mais nous comprendrons mieux dans le dialogue qui suit que Jésus fera référence à son Père qui est dans les cieux.

La scène qui suit semble réservée aux seuls trois personnages : un dialogue fort instructif. Devant l’étonnement de ses parents, Jésus pose deux questions : Pourquoi me cherchiez-vous ailleurs qu’ici ? Et la deuxième plus énigmatique : « Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? » Il faut. L’expression revient neuf fois dans l’évangile de Luc et les Actes des Apôtres. Cela signifie que c’est le dessein de Dieu qu’il en soit ainsi. Pas étonnant que les parents soient dans la confusion ; ils ne comprennent pas. Ce n’est que graduellement qu’ils en viendront à mieux situer la mission particulière de leur fils. Ils emportent ces questions avec eux dans leur voyage de retour vers Nazareth. En conclusion, l’évangéliste nous dit que Jésus laisse de côté la fronde et qu’il devient obéissant : il grandira en sagesse et en grâce devant Dieu et les hommes. Quant à Marie, comme lors de la naissance de son fils, elle médite ces évènements dans son cœur.

Pour nous, que veut dire cette page d’évangile ? Nous sommes parfois devant des circonstances difficiles à comprendre, à en saisir le sens dans le plan de Dieu sur nous. Pourquoi cette chose qui m’arrive ? Pourquoi ce diagnostic qui me prend par surprise ? Pourquoi cet accident de voiture, cette mauvaise nouvelle ? Qu’est-ce que le Seigneur veut me dire ? Il nous faut mijoter dans son cœur ces questions et attendre les lumières du Seigneur. Il faut parfois laisser du temps au temps. Ne nous précipitons pas sur les réponses trop rapides, superficielles. Il nous arrive souvent de comprendre beaucoup plus tard que tel évènement n’était pas si terrible ou qu’il était pour notre mieux être. On dit : le Seigneur a ses vues.

Pour l’heure, prions pour nos familles et celles de eux qui nous sont chers : que le Seigneur les protège et les guide, qu’il soit leur force, leur lumière et leur réconfort. Qu’il apporte à tous la paix, le bonheur et la joie. Ce sont aussi me vœux pour chacun d’entre vous.

Gilles Blouin, Assomptionniste

 


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