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Une miséricorde qui déborde la loi

Pietro della Vecchia, Le Christ et la femme adultère, Venise 1605-1678 || https://flic.kr/p/2bMG9yd

3 avril 2022            5e dimanche de carême, année C – Jean 8, 1-11
Lectures de ce jour

Dans cet évangile que nous méditons ce dimanche il y a une accusée : la femme adultère, et un accusé potentiel : Jésus. Jésus est de nouveau mis à l’épreuve par les scribes et les pharisiens qui guettent une occasion de le mettre en contradiction avec la loi de la Torah afin de pouvoir l’accuser et le condamner. Cette scène est nommée le « récit de la femme adultère », mais peut-être l’on pourrait plutôt parler de « la lettre de la loi versus l’esprit de la loi ». Le cœur de ce texte en effet, ce n’est pas la femme adultère, c’est bien la loi et son interprétation.

Un piège tendu à Jésus

La loi de Moise prévoit que « l’homme qui commet l’adultère avec la femme de son prochain devra mourir, lui et sa complice ». Les chefs religieux ont fait une descente dans un quartier en Jérusalem pour surprendre une femme mariée avec son amant. Ils trainent cette femme et l’amènent auprès de Jésus. « La loi nous prescrit de lapider ces femmes là ». Qu’est ce que tu en dis ? Le fait que l’amant est complètement absent de la scène montre que c’est Jésus qui est visé par l’accusation. Jésus ne peut prendre qu’une position. Ou bien, il répond que la femme doit être condamnée ou bien il répond que la femme ne doit pas être lapidée. Si Jésus dit que la femme ne peut pas être condamnée, il sera accusé de contredire la loi de Moise. S’il dit que cette femme doit être jugée et condamnée, ses détracteurs pourront l’accuser de manquer de miséricorde et de compassion. C’est cela le piège qui est tendu à Jésus.

L’attitude de Jésus

Devant la violence de l’accusation, l’attitude de Jésus étonne. Il se met complètement en dehors de l’affaire. Il baisse la tête et dessine des traits sur le sol. En écrivant, il donne du temps. Un silence éloquent! Il ne répond pas du tac au tac. Mais par deux fois, il se redresse, et à chaque fois il se redresse pour une parole libératrice. Une première parole est adressée aux accusateurs : que celui qui est sans péché lui lance la première pierre. Autrement dit, la loi donne la liberté de lancer la pierre. Mais avant de lancer la pierre, regarde-toi. Es-tu certain que la loi que tu évoques ne te condamnerait pas ? Jésus refuse d’entrer dans le processus de condamnation, mais renvoie les accusateurs à la vérité de leurs vies. Ils disparaissent l’un après l’autre sans jeter aucune pierre. Jésus est resté seul avec la femme. Jésus s’adresse à la femme : « moi non plus je ne te condamne pas ». « Va! »

Jésus ne dit pas à la femme : ce que tu as fait est bien, mais dans ce « va » sonne toute la miséricorde qui déborde la loi et ouvre la possibilité d’une vie nouvelle. Jésus la fait sortir de sa culpabilité. Elle peut revivre. C’est à elle maintenant d’accueillir cette vie et se remettre en marche.

Jean Bosco Kanyama


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