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« JAMAIS JE NE M’HABITUERAI AU PRINTEMPS »

© Patrick JanicekSuivre, Marronnier d’Inde || Contrairement à sa dénomination, le Marronnier Blanc n’est pas originaire d’Inde mais des régions montagneuses de la Macédoine grecque.

Billet de Monique Lortie, M.A. phi.
Dimanche, 22.05.2022

« Tout recommence avec des chances neuves et, cette fois, tout va réussir. »

Avec le printemps qui a l’air de s’imposer à nous – même si nous sommes habitués à en douter avec des gels nocturnes toujours possibles – une réflexion « énorme » de l’écrivain, journaliste et également scénariste français, René Barjavel doit être remise devant nos yeux. Année après année, comme la lecture de ce qui suit vous en convaincra.

Barjavel, dès la toute première page de son livre étonnant, La faim du tigre, écrit la réflexion suivante :

« Jamais je ne m’habituerai au printemps. Année après année, il me surprend et m’émerveille. L’âge n’y peut rien, ni l’accumulation des doutes et des amertumes. Dès que le marronnier allume ses cierges et met ses oiseaux à chanter, mon cœur gonfle à l’image des bourgeons. Et me voilà de nouveau sûr que tout est juste et bien, que seule notre maladresse a provoqué l’hiver et que cette fois-ci nous ne laisserons pas fuir l’avril et le mai. »

« Le ciel est lavé, les nuages sont neufs. (…) Tout à l’heure le tilleul va fleurir et recevoir les abeilles, les roses vont éclater et cette nuit, le rossignol chantera que le monde est une seule joie. »

« Tout recommence avec des chances neuves et, cette fois, tout va réussir. C’est la grande illusion annuelle. Le règne végétal s’y laisse prendre en premier. D’un seul élan, des milliards d’arbres et de plantes resurgissent, poussent des tiges enthousiastes, déplient des feuilles parfaites qui n’ont pas de raison d’être éternelles. (…) »

« Pour nous que le printemps aborde, l’automne est invraisemblable et l’hiver n’a pas plus de réalité que la mort. Le marronnier est blanc comme des communiantes, le pêcher est une flamme rose, le lilas une torche. Dans tous les jardins, les champs et les forêts, dans les immensités cultivées ou sauvages, sur chaque centimètre carré de terre non déserte, c’est le prodigieux déploiement de l’amour végétal, silencieux et lent. »

Après cette réflexion, qui peut donc douter sans mauvaise foi que Dieu existe ? Ou, pour le dire avec plus de tact dans la sensibilité hyper fragile d’aujourd’hui : Qui peut douter que seule une Intelligence supérieure que nous appelons Theos a pu concevoir cette multiplicité d’êtres et de fonctions si parfaitement ordonnée ? Par ailleurs, il ne suffit pas de constater qu’il y a quelque chose, et des milliards de choses, il faut aussi avoir la sensibilité fine de s’étonner de l’ordre.

Pour ceux qui se veulent sceptiques, qui préfèrent résoudre dans le hasard, il est bon de faire intervenir le texte lumineux de Barjavel :

« Chacune des milliards de cellules [qui forment l’univers et les printemps] fait exactement, et chaque fois, ce qu’elle a à faire, à la place exacte où elle doit le faire et où elle s’est installée pendant la fabrication de l’individu [- homme, arbre ou saison -]. Selon les ordres. » Les ordres, ou l’ordre de la nature, bien sûr.


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