Le 20 septembre 2026 25e dimanche du Temps Ordinaire, Année A — Mt 20, 1-16
Il y a quelque chose de profondément humain dans cette parabole: nous aimons savoir si nous avons fait assez. Nous comparons les efforts, les parcours, les réussites. Pourtant, Jésus nous présente un Dieu qui ne distribue pas son amour selon nos calculs. Dans la vigne de Dieu, personne n’arrive trop tard.
Chacun a son heure
Regardons les ouvriers de la parabole. Certains commencent tôt, d’autres arrivent plus tard. Ils n’ont pas la même histoire, pas le même rythme, pas les mêmes occasions.
N’est-ce pas aussi notre monde?
Il y a celui qui, à vingt ans, sait déjà ce qu’il veut faire de sa vie. Celui qui change de métier à quarante ans. Celui qui recommence après une épreuve. Celle qui découvre une nouvelle passion à soixante-dix ans. Celui qui revient vers la foi après des années de distance.
Nous sommes facilement tentés de comparer nos parcours.
Mais Dieu ne demande pas à chacun de vivre la vie de l’autre. Il nous appelle à habiter pleinement l’heure qui est la nôtre.
Voilà peut-être une parole importante pour notre époque: nous n’avons pas à être en avance sur les autres, ni à regretter d’être arrivés plus tard.
Dans la vigne de Dieu, chaque heure compte.
La grâce ne se mérite pas, elle se reçoit
Le maître donne à chacun son salaire. Et c’est précisément cela qui dérange les premiers ouvriers: pourquoi celui qui est arrivé plus tard reçoit-il autant?
Jésus touche ici à quelque chose de très profond: nous croyons parfois que l’amour doit se mériter.
Pourtant, les plus belles choses de la vie ne fonctionnent pas ainsi.
Devant Dieu, nous n’avons pas à accumuler des points pour être aimés. La grâce est un cadeau, pas une récompense. Peut-être est-ce l’une des grandes découvertes de la vie: après avoir beaucoup donné, apprendre à recevoir; après avoir beaucoup accompli, apprendre simplement à être présent; après avoir regardé ce qui manque, reconnaître ce qui est déjà là.
Alors, que nous ayons vingt ans, cinquante ans, quatre-vingts ans ou davantage, l’Évangile nous rejoint au même endroit: Il y a encore une heure à vivre. Une heure pour aimer. Une heure pour pardonner. Une heure pour commencer. Une heure pour remercier. Une heure pour accueillir quelqu’un. Une heure pour laisser Dieu nous surprendre.
Jean Bosco Kambale Kanyama, Augustin de l’Assomption
