Le 4 janvier 2026 L’Épiphanie du Seigneur, année A – Mt 2, 1-12
Quand vient le moment de célébrer la solennité de l’Épiphanie, plusieurs d’entre nous se souviennent qu’à travers elle, l’Église souligne l’universalité du don de Dieu qui se donne au monde. La rencontre de mages avec l’enfant Jésus est alors comprise comme la manifestation de Dieu aux habitants du monde entier, sans exception. Aujourd’hui, je propose de nous attarder aux mouvements qu’effectuent quelques personnages des récits bibliques que nous méditons et d’y percevoir des efforts de déplacements salutaires dont la finalité est la rencontre avec le Seigneur – et avec soi-même.
Après la naissance de Jésus, les mages et une étoile se déplacent pour aller à sa rencontre. Humain et non-humain quittent leurs positions initiales. D’un même élan, ils se meuvent pour rencontrer celui qui, par sa naissance, est venu le premier vers eux pour leur salut. Ils font alors l’expérience d’une joie inouïe. En action de grâce pour ce qu’ils ont vécu, les mages offrent des présents à leur Seigneur. Tout se passe comme si, au déplacement du Seigneur qui vient au monde répond la marche des habitants du monde qui s’empressent à sa rencontre. Les mouvements et la rencontre deviennent un événement de salut pour les humains en marche et pour le monde. Ce salut défie ses détracteurs figurés dans l’évangile par Hérode et ses collaborateurs qui sont restés statiques, collés à leurs pouvoirs et à leurs positions.
Tous ceux qui se meuvent pour rencontrer Dieu qui vient en son Fils et les convoque peuvent être assimilés aux nations qui sont «associées au même héritage, au même corps, au même partage de la promesse, dans le Christ Jésus». Ils ne sont pas pour autant les seuls à former ces nations. Ils ne peuvent pas non plus s’arroger le droit de décider du destin d’autres créés qui peuvent rejoindre ces «nations» qui marchent vers le Seigneur. C’est au Seigneur qu’il revient d’illuminer ceux de qui il s’approche et de les attirer à lui.
Nous l’entendons, la venue du Seigneur est une invitation à nous mettre en route. Le déplacement auquel elle nous convie peut prendre différents visages et emprunter diverses voies. Chose importante: si le déplacement est une sortie de soi vers le Seigneur, il implique aussi un retour à soi par un autre chemin, à la manière des mages. Pourtant, il ne nous est toujours pas aisé de lâcher prise, de quitter ce qui nous conforte et d’oser délibérément de nouvelles aventures, même si celles-ci peuvent être bénéfiques. Heureusement, l’aide du Seigneur est toujours disponible. À nous de lui demander de nous rendre lucides pour discerner d’où nous devons partir et de soutenir notre marche vers lui et vers nous-mêmes en vue de notre liberté.
Pacifique Kambale Tsongo, Augustin de l'Assomption

LA CONVERSION À LA PRÉSENCE