Nous sommes dans l’Octave de Pâques. Avec un peu de sensibilité, nous sommes encore ébahis par le fait de la Résurrection de Jésus. Le Messie, mais aussi l’homme Jésus.
Je ne suis pas théologienne, je ne suis qu’une humaine docile qui se laisse encore toucher par le récit deux fois millénaire.
Pas par habitude, pas par éducation, pas même par prudence, seulement par une sorte de sensibilité qui est la mienne. Et cette sensibilité m’amène, alors que tous, nous mourrons, nous aussi, à la grande question du sens de la vie.
Elle s’appelait Odette, elle était ma meilleure amie dans mes années d’adolescente… jusqu’à ce que la vie nous tourne plutôt vers nos éventuels maris. Ainsi va la vie, non? Je l’ai retrouvée il y a quatre semaines sur la page des personnes décédées du Journal de Québec…
Il s’appelait Thomas, il a été mon maître de philosophie et ami de surcroît. L’attachement que le ou la disciple ressent pour la personne qui lui ouvre les lumières de l’intelligence est incommunicable. Incommunicable mais bien réel. Pour moi, Thomas ne pouvait donc pas s’en aller, tout simplement et à jamais. Et pourtant, il y a quelque trois semaines…
Il s’appelait, lui, Guy Bédard. Un ami, lui aussi, qui forçait mon admiration par son ardeur à enseigner aux populations isolées du tiers monde comment gérer savamment un petit pécule, un tout petit commerce, une banque improvisée afin de savoir se doter d’une vie moins dure. Et d’une fierté.
Il le faisait avec cette clarté dans les yeux qui indiquait chaque fois combien il savait son dévouement utile. Je l’enviais. Sa vie avait cette couleur-là, ce sens-là! Il s’est éteint brusquement, rapidement, presque en silence… il y a quelques jours à peine…
Trois… en un seul mois! Faut-il en conclure que la vie, en réalité, n’a pas de sens? Le sens, c’est une direction, un en-vue-de-quoi. En vue de quoi l’amitié, la générosité, le souci d’enseigner la vérité, de nourrir les intelligences et les cœurs… puisque, un jour, tout s’arrête bêtement?
La vie est belle, soit. Elle nous permet de goûter l’amitié, la beauté, la nature, la musique, les chef-d’œuvres de l’histoire, les enfants que nous mettons au monde… Abondance. Pour un peu, dit le littéraire, on finirait par être heureux…
Mais pourquoi donc – pour quoi – tout à coup est-elle si courte la vie? Pourquoi – pour «quoi» – tout d’un coup est-elle finie? Quel sens y a-t-il à ce que nous vivions? Quel sens y a-t-il à ce que nous aimions… et à ce que nous mourions?
La réponse est peut-être dans la fête de Pâques, dans la résurrection de Jésus vrai homme, dans l’Espérance… – Pas simple la vie humaine!
Et vous, qu’en pensez-vous?
Monique Lortie, MA phi, éditorialiste
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1C’est le titre d’un livre du philosophe et historien, Pierre Hadot.
