Le 8 février 2026 5e dimanche du temps ordinaire, année A – Mt 5, 13-16
J’aime beaucoup l’expression québécoise «ça me fait plaisir» comme réponse aux remerciements de l’autre et formule mise en relief de certaines initiatives. Elle raisonne à mes oreilles comme une gloire à Dieu vers laquelle la personne bienfaitrice oriente celle qui a été bénéficiaire. Autant pour la glorification de Dieu, sa parole de ce dimanche atteste le plaisir qu’il nous fait quand nous consentons à être sel et lumière, voici comment.
En paroles évangéliques
Il nous fait plaisir de dire des paroles évangéliques, pour autant que nous y consentions alors que Dieu atteste ce plaisir le glorifiant. Il est parfois difficile d’expliquer pourquoi nous avons plus de goût pour certaines façons de parler ou d’être en silence que pour certains discours. Que nos cultures façonnent ces goûts, c’est quand même divin de parler d’une certaine façon entendue comme étant évangélique. Ainsi, ça goûte bon pour l’apôtre Paul de proclamer l’Évangile renvoyant à la puissance de Dieu au lieu de recourir au langage prestigieux et probablement creux. Il lui a fallu la découverte du goût salé de l’Évangile avec ses propriétés dont la fusion pour détester celui des discours non évangéliques et considérer la gloire qui tient à eux comme ordure.
À supposer la subjectivité du goût des paroles évangéliques, ce goût recouvre ainsi diverses expériences de vécu à la lumière de l’Évangile comme des doses de sel. Pour les personnes qui n’ont pas goûté à l’Évangile, on souhaitera qu’une expérience ne leur fasse pas de tort comme à celles qui en ont perdu le goût. Quant à celles qui refusent d’y goûter ou de reconnaître ce goût, on peut constater leur réticence ou leur hostilité. Sans se préoccuper à convaincre ni à se faire valoir, il fera grandement plaisir aux disciples de Jésus, et cela comme faisant partie de leur ADN, de voir les autres goûter à l’Évangile.
Par des gestes d’amour
Une des façons de mesurer pour les autres la parole qui goûte bon pour nous c’est de poser des gestes d’amour traduisant la considération mutuelle qui sert aussi de phare pour nos quêtes, notamment la quête de reconnaissance. Quand le prophète Isaïe fournit des exemples de ces gestes, il montre par eux la reconnaissance mutuelle comme expression à la fois du goût évangélique et de phare sur le chemin de l’existence. Ainsi, quelqu’un qui partage du pain avec celle ou celui qui a faim reconnaît l’existence de l’autre comme reflet de la sienne destinée au bon goût et à la visibilité. Il en est de même pour l’accueil chez soi des pauvres sans abri, l’habillement des personnes sans vêtements etc.
Comme pour les paroles évangéliques, il est souhaitable que les gestes d’amour soient reconnus et approuvés. On s’assurera que la personne bénéficiaire et la bienfaitrice n’en soient pas écrasées, mais qu’elles s’en trouvent vivifiées. C’est ainsi que le plaisir fait à la première personne en sera un pour l’autre et la gloire sera rendue à Dieu.
Sadiki Kyavumba, Augustin de l'Assomption

Ne craignez pas