Éditorial du dimanche 1er novembre 2026
Bien aimées et bien-aimés,
«Voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu, et nous le sommes». Tels sont les mots que Saint Jean nous adresse à l’occasion de la fête de la Toussaint, que nous célébrons chaque premier novembre.
Cette année, la fête des saints et des saintes tombe un dimanche. Voilà qui souligne encore davantage le lien de cette fête avec la Résurrection de Jésus-Christ. La fête de l’amour de Dieu – manifesté dans la victoire ultime de Jésus, de Dieu, sur la mort – est liée intimement à la sainteté de Dieu, à l’appel à la sainteté de chacune et de chacun de nous.
C’est précisément là que surgit la difficulté des temps présents. Je peux me tromper, mais la préoccupation de l’appel à la sainteté semble s’être éloignée des soucis de l’être humain contemporain. Les soucis de notre temps se tournent vers le dépassement des limites humaines en utilisant la technologie avancée, celle qu’on appelle d’une manière générale – l’Intelligence Artificielle. Toutefois, l’appel à la sainteté s’avère fondamental pour la vie chrétienne, et même pour la simple vie humaine, parce que la sainteté humanise; oui, aussi étrange que cela paraisse, c’est bien vrai: «la sainteté humanise!»
Dans sa lettre encyclique Magnifique Humanité le Pape Léon XIV attire notre attention sur le fait que grandir en humanité, c’est vivre de la meilleure manière possible en relation avec Dieu révélé en Jésus-Christ, et incarner ce qui est Bon, Vrai et Beau. C’est cela «édifier notre vie humaine». Le Pape Léon nous redit que «édifier dans le bien signifie accepter les limites et la fragilité de l’humanité sans les considérer comme une erreur à corriger.»
Si je le comprends bien, j’en conclus à cette idée simple: la sainteté ne nous est pas accessible par le simple fait de développement de nos qualités ou d’élimination de nos défauts. Elle est un don de Dieu qui, en tenant compte de tout ce qu’il y a de bon en nous, et qui est d’abord et avant tout encore don de Dieu, guérit et transfigure tout notre être même dans ses limites et ses fragilités pour que tout soit accompli selon Son dessein et Sa volonté à la louange de Sa gloire. De ce point de vue la sainteté peut être considérée comme le véritable, le seul véritable progrès humain, dont le Pape Léon nous dit: «Le véritable progrès naît toujours d’un cœur ouvert à l’autre, d’une intelligence disposée à l’écoute, d’une volonté qui cherche ce qui unit plutôt que ce qui sépare.»
En ce moment, en ce mois où nous célébrons la sainteté de Dieu manifestée et révélée dans nos frères et sœurs dans l’humanité, comment nous écoutons-nous les uns les autres et gardons le cœur ouvert?
Bonne semaine à toutes et à tous!
Édouard Shatov, éditorialiste

Vivre l’amour et le pardon