La société dans laquelle nous vivons – et que nous apprécions secrètement – amplifiée depuis la pandémie, a favorisé l’isolement des personnes d’une manière jamais vue. Non, l’isolement des individus ne date pas d’hier. Il se manifeste de multiples façons. Cependant, il n’est pas trop tard pour vouloir exercer une conversion vers la solitude. Qu’est-ce à dire?
L’isolement peut être comparé à une barricade construite intelligemment autour de soi, une protection contre ce qui pourrait perturber notre quotidien, un château-fort mais aussi une prison. Se couper des relations extérieures, des agressions possibles de nos voisins afin de maintenir à flots notre tranquillité intérieure. Le contexte urbain actuel, les publicités à la télé ou sur les réseaux sociaux se portent en contre faux à cette possibilité. Au contraire, ils nous inondent de distractions salutaires pour nous maintenir dans cet isolement qui nous fait apprécier le fait de nous retrouver seul devant notre écran ou notre ordinateur. Notre isolement est parfait, complet.
La solitude est tout autre. Elle résonne d’avantage avec cet espace où nous pouvons nous retrouver nous-mêmes et faire face aux questions existentielles qui sont le fondement de ce que nous sommes. Cette solitude a été comparée à ce jardin intérieur où il nous arrive de nous réfugier, loin du stress de notre vie de travail, des soucis de la famille ou de notre confort (inconfort) financier.
Sans cette solitude recherchée plutôt que subie, notre vie n’est que chaos, précipitations et distractions. La direction de notre vie est laissée au hasard sans la volonté de rentrer en nous-mêmes pour en reprendre le contrôle. Bien plus, c’est seulement lorsque nous avons réussi à habiter cette solitude que nous pouvons contempler le moment d’entrer en dialogue avec Dieu. «Je frappe à ta porte et si tu m’ouvres je viendrai m’asseoir à ta table.» C’est seulement dans ces conditions que la prière, l’intimité avec Dieu, prend son sens.
Sommes-nous prêts à éteindre la télé, fermer l’ordi et couper toutes les distractions qui nous masquent l’essentiel: être soi-même, nus mais en vérité?
