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Professeur De Koninck

Billet éditorial, dim., 1.03.2026
Monique Lortie, MA phi
(lortie.monique@gmail.com)

Il y a seulement quelques jours, nous apprenions, avec effroi, le décès du professeur Thomas De Koninck de la Faculté de philosophie de l’Université Laval. Nous le pensions, – nous le voulions -, immortel…

Je vais, aujourd’hui, vous faire une confidence. Avec le Professeur De Koninck, nous partagions beaucoup des choses les plus admirables: des questions, quelques intuitions, des étonnements porteurs de joies, une passion pour l’éducation des jeunes générations et aussi, la tristesse, voire l’effroi, de voir l’école se débiliter, se déliter.

Bref, nous partagions quelque chose comme du sens.

Ainsi était la vie auprès du Maître que nous avions la chance de connaître, de fréquenter, d’entendre. Auprès de qui nous entrions en philosophie.

Cela marque une vie. À jamais. À jamais…

Il y a, après la mort, un mystère. Mais il y a aussi un mystère dans les mots que nous cherchons pour l’approcher. Nous disons: «Il a rendu l’âme», comme si nous pressentions en chacun de nous quelque chose de reçu, de fragile et de sacré, qu’il faudra un jour remettre…

Dire seulement: «Il est mort» semble trop rude. Dire: «Il est décédé» ne console guère…

Et pourtant, il y a tout juste quelques jours, il y a bien eu cette rupture, à la fois brutale et mystérieuse. À partir de maintenant, l’âme du Professeur Thomas De Koninck, c’est ce qui restera de lui. En nous. En notre mémoire. C’est peut-être de cette façon qu’il traversera le temps avec nous… du moins pour le temps qui nous est encore donné…

C’est, en réalité, ce que nous espérons vivement même si parfois, l’émotion aidant, le doute l’emporte sur l’espérance…

La vie est bizarre et bonne à la fois, qui laisse dans nos mémoires le parfum de ceux dont nous ne voulons à aucun prix nous séparer…

Et c’est sans doute très bien ainsi…